LOST IN MADISON francoishuin.com
LOST IN MADISON
Fate had brought me to live in New-York. I had taken up to roaming the streets, the avenues, like an enthusiast, passionately, twisting my neck, happy, naïve, and carrying my camera through all the times of the day and night and through each season. An avenue had caught hold of my attention : Madison Avenue. It is an avenue of the Manhattan district. It extends from Madison Park Avenue from 23nd Street, right up to Madison Avenue Bridge on 138th Street. Good luck to those who wish to do it all in one go. I therefore roamed through it in little bits. It turns out that Manhattan is considered as a dream all over the world. It turns out that Manhattan is certainly one of the places in the world, where there is more wealth concentrated per square kilometre. It turns out that this avenue, with my fresh, exterior eyes, tells a story of the United States. And just the one avenue ? Yes. It's an entire contrast of the consumer society, from the luxurious boutiques in the districts of the Midtown and Upper East Side, to the poverty of the Spanish Harlem and Harlem. Slowly but surely, the restaurants fade away, the pavements become empty of tourists and the desert has almost arrived. Harlem has become "safe" and no longer what it was 20 years ago. There are no longer any problems. Even during the night, there is police surveillance non-stop and I could quietly wander around, without being concerned, but, the social contrast is striking. At Harlem, no white people, no money and more often than not, unemployment, vegetation, obesity, and fear of the next day. However, it's still the same avenue. It's not a cliché that anything goes in NYC. As the saying goes "Anyone can make a place for oneself here in New-York". And those that want to make it can do it. It's true, but beware to those who can't. And the Blacks of Harlem suffer from it even more. Let's face it. Here is Madison Avenue. In a few blocks, the artificial (materialistic) heaven switches to a real hellhole. I invite you to travel inside, departing from the beginning of the avenue at Madison Square Park (in front of the famous Flatiron Building) and gradually going up to Harlem. I lived the last days of President Obama, the anti-Trump protests and the famous "Women's march". Fear is universal and on that day, Madison Avenue saw the Whites, the Blacks, Hispanics, Asians, Gays, all unite together. It was beautiful, peaceful, and if Madison could talk, it would say, without a doubt, it was really... exceptional. The sculpture of President Lincoln "welcoming" a black child speaks volumes, uncertain that his dreams of equality had come true. One last thing. Why "Lost in Madison" ? Because I was lost in it, in this vastness, this enormity, to such a powerful striking contrast, certainly lost, but really happy to have been, for the human being that I am, the foreigner that I am, the tireless curious person that i am, for the photografer that I am.

F.H


Le destin m'a amené à vivre à New York. Je ne connaissais pas bien cette ville fascinante et intimidante. J'ai sillonné les rues, les avenues, comme un forcené, me tordant le cou, heureux, par tous les temps, et à chaque saison. Une avenue a retenu mon attention très particulièrement : Madison Avenue. Dans Manhattan, donc. Elle s'étend de Madison Park avenue, au niveau de la 23e, jusqu'à Madison Avenue Bridge, à la 138e. Bonne chance à celui qui veut "se la faire" en une seule fois. Manhattan est considéré comme un rêve aux quatres coins de la planète. L'un des endroits où la richesse est le plus visible. Cette avenue raconte, avec mes yeux neufs, d'étranger, sans doute, raconte les États-Unis. En une seule avenue ? La réponse est oui. Tout le contraste de la société de consommation, avec les plus belles boutiques de luxes, dans les quartiers du Midtown, et d'Upper East Side, et toute la pauvreté et l'exclusion de Spanish Harlem, et Harlem. Doucement mais sûrement, les restaurants s'estompent, les trottoirs se vident de leurs touristes, le désert presque arrive... Harlem est devenu safe. Nous ne sommes plus comme 20 ans en arrière. Il n'y a plus de problèmes, même le soir, la police veille sans cesse, et j'ai pu me balader tranquillement, sans être inquiété. Mais le contraste social est saisissant. À Harlem, plus de blancs, plus d'argent pétaradant, le plus souvent le chômage, la "végétation", l'obésité, la crainte du lendemain, quelques gangs qui n'ont plus que le nom pour effrayer. Et pourtant, c'est toujours la même avenue. Ce n'est pas un cliché de dire que tout est permis à New-York. Comme dit la formule"tout le monde peut se faire une place ici". Et c'est vrai. Celui qui veut s'en sortir peut y arriver. Mais gare aux autres qui ne peuvent pas. Et les noirs de Harlem en pâtissent encore beaucoup. Il ne faut pas se mentir. Voilà Madison Avenue qui s'étire fièrement. En quelques blocks, le paradis artificiel et matérialiste bascule en enfer réel. Je vous invite à voyager sur cette impitoyable avenue. En partant du début de l'avenue, de Madison Square Park, devant le Flatiron building, et en remontant progressivement jusqu'à Harlem. J'ai vécu les derniers jours de la présidence Obama, les manifestations anti-Trump et la"marche des femmes", la peur est universelle, et ce jour-là, Madison, a vu s'unir les blancs, les noirs, les asiatiques, les hispaniques, les gays, et c'était beau, c'était pacifique, et si Elle pouvait parler, Elle dirait, sans aucun doute, que c'était vraiment... exceptionnel. La sculpture du président Lincoln "accueillant" un enfant noir à Harlem mérite toujours réflexion. Pas sûr que ses rêves d'égalités soient exaucés. Une dernière chose... Pourquoi "Lost in Madison" ? Parce que j'étais perdu dans cette immensité, cette démesure, ce si puissant contraste saisissant, mais le photographe était aux anges, l'être humain aussi, l'étranger, le curieux infatigable...

F.H










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